Stuart : A Life Backwards

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En 2007 sort à la télévision un film co-produit par la BBC et HBO, reprenant l’histoire d’un livre appelé Stuart : a life backwards (littéralement Stuart : une vie à l’envers) porté par de jeunes acteurs à l’époque, Benedict Cumberbatch et Tom Hardy. Ils n’avaient pas encore la reconnaissance d’aujourd’hui mais déjà le talent,d’ailleurs, Tom Hardy avait été nommé aux Baftas pour son interprétation.

Stuart : a life backwards est la biographie qu’a écrit Alexander Masters sur son ami Stuart Shorter, un sans abri, qu’il a rencontré par hasard et avec qui il va retracer sa propre histoire, à la fois de prisonnier, de criminel et de handicapé. Lorsque Alexander propose à Stuart d’écrire son histoire, celui ci lui suggère d’écrire l’histoire à l’envers, de commencer par la fin pour finir par son enfance, ses premiers débuts, sa naissance.

Le livre a été récompensé par le Guardian First Book Award et beaucoup d’écoles du secondaire du Royaume-Uni ont inclus cet ouvrage dans la liste des livres à étudier.

Je n’ai vu que récemment le film, disponible très facilement sur You Tube en plusieurs morceaux en version sous titrée en anglais et j’ai été absorbée par le film, à peine avais-je commencé que c’était déjà terminé.

Tiré d’une histoire vraie, ce film nous embarque dans la plongée aux enfers de Stuart Shorter, de ce qu’il est et ce qu’il a fait. De plus, on n’arrive pas totalement à savoir ce qu’on pense de ce jeune gars. Est-il un bon ou un méchant ? Doit-on l’excuser à cause de certains traumatismes ? Le protagoniste lui même ne cherche pas à se faire pardonner et accepte l’ambivalence de ce qu’il est.

On s’attache à ce personnage, fou, entier, qui dit ce qu’il pense même s’il n’a pas toujours raison. Une vraie authenticité se détache de ce garçon torturé, assez philosophe sur ce que la vie peut lui offrir.

Ce qui est intéressant dans ce film, c’est aussi la relation de deux personnages qui à première vue tout oppose, Alexander le petit bourgeois ambitieux qui cherche à écrire un livre pour obtenir la récompense et Stuart qui, sous son aspect d’alcoolique, est plus profond qu’il n’en a l’air. C’est une belle rencontre qui se crée entre ces deux hommes.

Les acteurs sont impeccables. Tom Hardy,  interprétant Stuart Shorter, ne rentre jamais dans la caricature et nous propose un personnage tout en nuances à la fois violent et d’une sensibilité à fleur de peau. Pour l’accompagner Benedict Cumberbatch, Alexander, là aussi troublant, il n’y a pas le bon gars d’un côté et le mauvais gars d’un côté. Au départ, il semble un peu opportuniste et antipathique pour ensuite se révéler lui aussi un personnage à part entière, pas seulement enfermé dans les clichés de sa classe. Il y a une réelle alchimie entre les deux acteurs qui se ressent à l’écran.

On a ici affaire à une histoire tout en dégradé, qui ne grossit pas les traits, la vie est assez grandiloquente à raconter pour ne pas en rajouter.

Un film à la douce violence qui va vous bouleverser et peut-être vous faire changer d’avis sur tous les stéréotypes qu’on attribue à chacun et aussi vous faire réfléchir aussi sur la question du déterminisme et du destin.

La Pomme

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