Southcliffe, un Broadchurch bis?

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Southcliffe est une mini-série britannique crée par Tony Grisoni, diffusée en Angleterre l’été dernier et depuis septembre sur Canal plus.

Cette mini-série est composée de seulement 4 épisodes de 45 minutes qui nous plongent dans l’histoire d’une petite ville Southcliffe et de ses habitants, avant et après un drame qui frappant toute la communauté, un homme fusille une quinzaine de personnes en une journée.

On retrouve au casting, le très bon Sean Harris dans le rôle d’un vétéran Steven Morton ;  Rory Kinnear, en reporter tiraillé par l’histoire qu’il a eu avec sa ville natale Southcliffe et les événements qu’il présente aux infos ; Eddie Marsan, en mari doux et père endeuillé avec sa femme jouée par Shirley Henderson  ; Anatol Yusef, en mari volage plein de culpabilité. Il y a aussi des jeunes acteurs que l’on a pu voir à différents moments dans la série Skins : Joseph Dempsie (qui joue aussi dans Game of Thrones), il joue un jeune militaire avec une permission avant de retourner au combat, et Kaya Scodelario, elle joue Anna, la fille de Claire et Andrew Salter.

Un casting de première classe, avec des acteurs qui n’en font pas trop et jouent avec justesse des personnages complexes dans une situation à fleur de peau.

La série retrace à la fois les retombées d’un massacre et l’implication de la presse dans ces événements. La mise en place du contexte, avec la présentation des personnages, fait l’objet de plusieurs épisodes. La série ne va pas directement au fait, un temps important est pris pour mettre en avant le lieu et les personnages pour évoquer les différents éléments déclencheurs au drame.

Pour vous parler de Southcliffe, j’ai choisi de la comparer à la série Broadchurch dont j’avais fait un article : (lien) qui partage certaines similarités.

Dans Broadchurch, on était aussi plongé dans une communauté endeuillée par la mort d’un petit garçon. La base même de l’histoire était à la fois l’enquête policière pour deviner qui était le meurtrier mais aussi la retranscription des émotions et ce que sous-entendait la meurtre et la perte d’un enfant dans un petit village.

Dans Southcliffe, c’est un peu pareil, mais à un niveau plus large car il n’y a pas un meurtre mais une quinzaine. Mais ici, on ne cherche pas le coupable, on observe surtout la répercussion de cet acte sur une communauté. Le journaliste, lui, comme d’autres personnages, cherche des réponses où il n’y en a pas. La série met l’accent sur l’après, sur la répercussion de ces décès sur la vie d’une communauté et de plusieurs familles, à travers différents personnages. On est confronté à différentes réactions liés à leurs histoires personnelles : tristesse, colère, désillusion, quête de réponse, culpabilité…

Southcliffe reste pourtant différente de Broadchurch. La série n’est pas linéaire et on assiste à différents flash-backs, de sauts dans le temps, en arrière et en avant qui peuvent perturber un peu le spectateur. On est dans une ambiance plus schizophrénique et perturbé comme souvent après un massacre.

Il n’y a pas réellement de suspense, le spectateur sait ce qui va se passer, la série ressemble pratiquement à un documentaire. Les paysages, les petites actions quotidiennes sont autant filmées que les moments d’intense émotion.

L’esthétique se rapproche de celle de Broadchurch dans le sens où on ne cherche pas directement l’efficacité, la phrase ou l’image choc, on ne cherche pas à rendre beau mais à rendre réaliste. Cependant, il n’en reste pas moins de nombreuses scènes marquantes mis en exergue par un jeu de caméra nous laissant dans l’attente avant de frapper.

Southcliffe n’a pas réellement de “but”, on montre sans expliquer et à la fin, on n’a pas forcément de réponses. Mais la série reste très forte dans sa reconstitution et dans sa réflexion sur ce type d’événements et sur ce que ça peut avoir comme conséquences sur de nombreuses familles et une communauté.

Alors, si vous avez un peu de temps, n’hésitez pas à découvrir Southcliffe, à peine commencé que vous aurez fini et que vous ne vous sentirez plus exactement le même.

La Pomme

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