DEREK , la nouvelle série de Ricky Gervais

DEREK

Qu’on l’aime ou pas, Ricky Gervais ne laisse pas indifférent. Certains crient au génie, quand d’autres lui reprochent de se moquer de la misère du monde.

Je fais partie de la première catégorie. Je l’ai découvert tout d’abord à travers ses stand-ups, subversifs et hilarants, puis je me suis penchée un peu plus sur la série qui l’avait fait connaître au monde entier, The Office.

Ricky Gervais est un homme polyvalent, comédien, scénariste, producteur, il fait tout. Accompagné, au tout début, du, non moins brillant, Steven Merchant, il crée la série The Office avec le genre du mockumentary, c’est à dire sous un faux air de documentaire. Une caméra suit les personnages d’un environnement bien précis, ainsi Ricky Gervais croque et se moque des stéréotypes du milieu qu’il filme. Dans The Office, c’est une entreprise de papiers que l’on suit avec son stupide chef David Brent incarné par Ricky Gervais lui même.

La série avec pourtant peu de saisons à son actif ( 2) est un grand succès. S’ensuit alors le remake américain sous la coupe de Ricky Gervais et Steven Merchant, avec en acteur principal, le très drôle Steve Carell. La série s’est terminé, il y a peu, après 9 saisons.

Je connaissais aussi Ricky Gervais pour la très drôle et VIP série Extras où il porte toutes les casquettes: comédien, scénariste…

Dans ses nombreux projets, il y a aussi fait une mini-série d’une saison de 8 épisodes, Life’s too short, l’histoire d »‘un nain du show business » comme le décrit Ricky Gervais avec l’acteur de Willow, Warwick Davis. Ce dernier incarne son propre rôle.

Il produit aussi encore avec Steven Merchant un autre documentaire où ils mettent  en scène leur nouveau collaborateur, Karl Pilkington appelé An Idiot Abroad. On suit Karl aux quatre coins du monde, dans ses mésaventures, ses découvertes et on ne peut que rire de ce qui lui arrive et par la façon de penser à Karl.

Il y a une sorte de doute ambiant sur Karl Pilington, personnage crée de toutes pièces par Gervais et Merchant un benêt dont on se moque cruellement sans vergogne.

Ce qui nous amène à Derek, nouvelle création de Ricky Gervais. Là aussi il reprend le genre du mockumentary avec un format très petit, une première saison de 6 épisodes est déjà sorti et la seconde saison vient juste de commencer.

Le pitch est simple, on suit la vie d’une maison de retraite avec les nombreux personnages qui y travaillent, notamment Derek, un homme cinquantenaire naïf et qui semble avoir un problème mental. Il est l’un des membres de l’équipe qui s’occupe des personnages âgées, il y a aussi Dougie, l’homme à tout faire (joué par Karl Pilkington), la chef et pleine d’empathie Hannah (Kery Godliman), Kev l’ami de Derek parasite pervers et sale (David Earl).

Avant même que la série ne soit diffusée, la controverse était déjà présente critiquant le fait que Gervais se moque des handicapés mentaux.

Il n’en est de rien. Ici, on change un peu de l’atmosphère habituel des séries de Gervais, le côté cynique et percutant est un peu mis de côté pour mettre plus en avant l’émotion. Chaque épisode est court (24 min).

Plus on avance dans les épisodes, plus on s’extirpe de la pesanteur qui se pose sur nous quand on commence la série. Pour être tout à fait honnête, on n’est pas réellement très à l’aise en regardant le premier épisode. Le comique est toujours sur le fil du rasoir. Mais ici, il n’est pas question de rire des personnages mais plutôt avec eux, comme le dit Derek lui-même :  » Tant pis s’ils rient de nous, tant qu’ils rient, c’est le plus important ».

La diversité des personnages apporte un certain équilibre dans un milieu qui apparaît bien immobile et sans relief. Le côté sentimental de la série m’a un peu perturbé, des fois l’émotion nous touche en plein coeur et parfois on a l’impression qu’elle est un peu trop forcée. Mais ça s’équilibre un peu plus au fil des épisodes.

Au niveau des acteurs, il faut applaudir notamment la performance de Kery Godliman, elle incarne une chef de service toute en délicatesse, elle joue avec une justesse incomparable. Pour ce qui concerne la performance de Ricky Gervais en Derek, je suis un peu partagée, parfois je trouve qu’il donne assez d’impulsion et de gentillesse au personnage mais parfois j’ai l’impression de retrouver le personnage de Ricky Gervais qu’on a déjà vu dans ses autres séries et je suis alors moins convaincu par son personnage.

Finalement on s’attache bien aux personnages et à la situation. Elle est moins innovante que les autres séries qu’a déjà crée Gervais et n’est pas dans celle que je préfère.

Pourtant Gervais a pris beaucoup de risques en nous proposant cette série. On n’est moins habitué à ce genre de séries, qui ne sont pas si faciles à regarder, qui nous demandent un peu plus d’effort. Elle s’inscrit dans la lignée, je trouve, de séries du style de Louie. Réaliste et jouant avec des sujets tabous et en réussissant à renverser la vapeur.

Une série à découvrir et qui nous fait réfléchir un peu à la situation des personnes âgées dans les maisons de retraite, un sujet qu’on aborde pas tous les jours alors qu’on y sera tous un jour ou l’autre confrontés.

 

La Pomme

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