Et les hippopotames ont bouilli vifs dans leurs piscines

9782070124558

 

Derrière ce titre, qui prête à sourire, se cache une oeuvre paru seulement pour la première fois en 2008. Elle a été écrite à quatre mains par les deux légendes du mouvement beat : Jack Kerouac et William S Burroughs.

Comme toujours avec la Beat Generation vérité et écriture ne font qu’un. On y trouve, à travers une prose enfiévrée, la vie d’une génération dite “perdue”, poétique et au bord du gouffre. Ce roman date de 1945 et fait référence très implicitement à un fait divers dans lequel les deux écrivains ont été mêlés.

L’histoire retrace le drame qu’ils ont vécu dans leurs jeunes années, quand l’un de leur amis Lucien Carr poignarde David Kammerer, un prétendant de longue date, après une soirée bien alcoolisée. Le texte débute quelques jours avant que le drame n’ait lieu.

Par le biais des personnages que sont Mike Ryko et Will Dennison, les deux écrivains relatent leurs souvenirs et leurs interprétations de ce trame à travers des chapitres que chacun écrit à la suite de l’autre.

Toute une atmosphère de l’époque se dégage de ce roman où les jeunes s’engagent dans la Marine afin de voyager et de mettre un peu d’argent de côté pour de se la couler douce par la suite. On y traite notamment de l’homosexualité et de l’état d’esprit d’une génération américaine à la fin de la seconde guerre mondiale.

Le dialogue entre Kerouac et Burroughs nous offre une oeuvre rare, un retour sur la vie de ces écrivains et leur ressentiment face à un drame et un procès dans lequel leur ami, Lucien Carr, s’était empêtré.

Bien qu’écrit de longue date, sa publication prit beaucoup de temps car même si tout est fait pour ne pas mentionner Lucien Carr et sa tragédie, il s’agissait avant tout de ne pas nuire à l’homme qu’il reconnaissait comme l’un des leurs.

Le livre vaut le coup. Tout d’abord, on se laisse emporter par la verve des deux auteurs, on est envoûté par leur écriture et avant même qu’on ne s’en rende compte on arrive à la fin du livre.

L’ouvrage nous marque aussi par cette version où le criminel n’est pas condamné, où la mort de la victime est mise comme de côté et où le drame vient plus du risque d’emprisonnement du meurtrier.

Il est vrai qu’en vous disant déjà comment aboutit l’histoire je vous spoile un bout de l’intrigue. Mais ce n’est réellement pas ça qui compte dans ce livre, ce sont surtout les à côtés et la façon dont les choses sont présentés : comment on en arrive à ce drame?

Cet épisode nous raconte avant tout une époque, une génération et un groupement d’artistes qui inventa un mouvement littéraire qui nous marque encore aujourd’hui.

 

La Pomme

 

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