Un été à Osage County

August-Osage-County-New-Poster

 

Malgré les nombreuses critiques négatives que j’avais entendu au sujet du film, je me suis laissé tenter par Un été à Osage County surtout en raison de son casting 4 étoiles et de la thématique: les histoires de famille.

En arrivant dans la salle, la majorité du public avait un âge assez avancé, le moment où on commence à trouver des cheveux blancs, sûrement du aussi au sujet du film: les secrets de famille. Chacun de nous commence à en empiler de plus en plus, les années passant.

L’histoire est plutôt simple, après la disparition du patriarche de la famille, tous les membres se réunissent dans la maison où le père a vécu avec sa femme malade, addict aux drogues et franche du collier. Les enfants reviennent dans ce lieu qu’ils avaient fui  pour se libérer de l’influence de leurs parents et pour quitter la plaine désertique, sans réel promesse d’avenir.

Par la diversité des personnages, on retrouve forcément une part de ce qu’on connaît chez soi : l’enfant sensible un peu en retrait totalement dévoué à son clan, l’enfant fort préféré mais qui a décidé de s’éloigner de parents à qui il ressemble trop, l’enfant qui a décidé de cacher son manque de confiance en soi par une vie assez superficielle, le nouveau oncle un peu pervers, l’oncle sage et réconfortant, la mère dure et pleine de reproches, la tante rigolote qui cache un lourd passé, le cousin un peu simplet, l’adolescente un peu rebelle et en recherche de nouvelles expériences, le mari infidèle, la femme divorcée, les nouveaux tourtereaux, la mère malade, le suicidaire…

Toutes les histoires du passé et du présent s’entremêlent lors de ces retrouvailles forcées.

Comme dans chaque repas de famille, tout est sous tension entre remarque acerbe et plaisanterie pour détendre l’atmosphère, pour essayer d’éviter l’explosion des non dits et des amertumes.

Cette famille n’est en rien “normale”, elles renferment plein de secrets emboîtés les uns dans les autres comme des poupées russes. Plus on avance dans le film, plus les secrets et les rancoeurs se révèlent. La violence émotionnelle mais aussi physique va crescendo.

Le réalisateur, John Wells, a réussit à jongler entre les périodes de drame, d’agressivité, d’agitation avec des moments plus légers et drôles. Notre histoire personnelle que l’on croyait difficile fait pâle figure par rapport à celle de la famille Weston. Mais elle fait écho à des situations que l’on a pu connaître. Cependant sans trop savoir pourquoi, il y a quelque chose dans le film qui ne nous permet pas d’être en totale empathie avec ces personnages. Le réalisateur a su les rendre très humains et non manichéens, on ne peut pas  prendre parti car il n’y a pas de bons ni de méchants.

Ce film de John Wells pâtit un peu de certaines longueurs qui cassent un peu le rythme du film, notamment à la fin où on a l’impression qu’il se termine trois fois avant d’avoir vraiment fini. Cependant, Wells a su mettre en valeur les paysages du comté d’Osage, personnage supplémentaire de l’histoire.

Le film est une adaptation de la pièce de théâtre “August : Osage County” de Tracy Letts, et on sent bien l’influence du théâtre dans les huit clos qui s’installent, à chaque fois les conflits sont circonscrits à des pièces bien précises, notamment la salle à manger.

On ne peut pas parler du film sans parler du casting et du jeu des acteurs, en effet le réalisateur s’est entouré de certaines perles d’Hollywood : Meryl Streep, Julia Roberts, Ewan Mc Gregor, Benedict Cumberbatch, Sam Sheppard, Juliette Lewis…

Comme toujours Meryl Streep nous livre une sacrée performance de femme malade physiquement et émotionnellement, au bord de la folie qui est en conflit permanent avec une bonne partie de sa famille. On sent cependant qu’elle est toujours sur la corde raide, je n’étais pas toujours convaincue, mais lorsqu’une scène me faisait douter, la suivante me convainquait du contraire.

C’est surtout Julia Roberts qui m’a marqué, elle bouffe l’écran littéralement, peu maquillée, elle nous offre un jeu très naturel, viscéral d’un personnage tiraillé entre ce qu’elle pense être bien et mauvais, entre son rôle de fille, de mère et d’épouse. Elle vole la vedette à la grande Meryl Streep. Il y a aussi Julianne Nicholson, tout en retrait qui elle aussi insuffle beaucoup de sensibilité avec une grande justesse à son personnage Ivy, l’enfant un peu sacrifiée qui n’a jamais reçu vraiment l’approbation de ses parents mais qui est restée auprès d’eux et qui décide enfin de prendre son envol.

Il y a autre chose que je voudrais souligner, les femmes sont mises en avant dans ce film. Les hommes ne sont que des ombres, même s’ils jouent une part importante dans le questionnement de chacune. Les femmes de cette famille se questionnent sur leur identité de femme, de mère, d’épouse, de petite amie, de fille… Qu’est-ce que veut dire être une femme au sein d’une famille ? Ici elles sont limitées dans un carcan qui ne leur laisse pas beaucoup d’espace et on les voit justement se battre avec, la plupart du temps en vain.


Un film plutôt sympa à regarder, mais pas culte non plus, qui vous fait prendre conscience que votre famille n’est finalement pas si mal !

La Pomme

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s