HER – Un film à fleur de peau

En sortant du cinéma hier, après avoir vu le film, Her, un vacarme de pensées dans la tête et toute chamboulée d’émotions, j’avais envie de me précipiter sur mon ordinateur pour vous parler de ce film et vous inviter chaudement à aller le voir. Comme vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup aimé. J’avais, il est vrai, un très bon à priori, quand j’avais vu la bande annonce ; j’avais hâte que le film sorte. L’histoire me parlait, Spiike Jonze a reçu l’oscar du meilleur scénario par ailleurs et la présence de l’excellent Joachin Phoenix était un gage de grande qualité.

L’histoire en deux mots est celle d’un homme séparé de sa femme qui tombe amoureux de son nouveau système d’opération. Ce dernier était censé l’aider dans la vie de tous les jours. Mais  c’est en fait une intelligence artificielle, une conscience virtuelle qui évolue au fil du temps et qui interagit comme un être humain avec autrui.

Les premières minutes du film nous transportent dans une époque pas très loin de la notre où la technologie a encore évolué et où la relation entre homme et ordinateur est encore plus étroite dans le monde du travail et la vie quotidienne. Theodore, le personnage principal, travaille comme écrivain. Il rédige des letres pour d’autres personnes, il les dicte à son ordinateur qui les envoie ensuite aux destinataires.

Bien sur l’une des thématiques abordés par le réalisateur et scénariste de ce petit bijou cinématographique, c’est notre relation avec la technologie, avec le monde virtuel. Mais il va tellement plus loin que ça.

Il questionne la relation amoureuse,, à travers cette histoire atypique d’un homme blessé au coeur brisé qui se reconstruit grâce une intelligence artificielle, Samantha. De son côté, Samantha découvre l’infinité et la complexité du monde et se découvre en tant qu’entité.

Les questions que se posent Theodore et Samantha nous nous les posons en même temps au-delà de leur histoire personnelle. Comment déterminer quand des sentiments sont réelles ? Où est la limite entre réalité et virtualité ? Jusqu’où est-on prêt à aller par amour ? Quelles sont les limites d’une relation ? Comment définir une relation, par ces échanges, par les apports que chacun donne à l’autre ? Qu’est-ce que l’amour ? Doit-il être exclusif, inscrit dans une norme, un abandon de soi pour l’autre ? Jusqu’où doit-on aller vers l’autre ?

Spike Jonze nous conte une grande histoire d’amour, qu’elle soit réelle ou virtuelle mais e film est aussi une apologie sur l’humanité et sur notre identité où on s’interroge sur comment chaque personne se constitue par les échanges qu’elle a avec les autres : ce que les autres nous apportent, qu’est-ce qu’on garde et quest-ce qu’’on abandonne que ce soit dans les relations amoureuses ou sociales, tout simplement.

En plus de cette histoire forte, des dialogues ciselées et des réflexions inhérentes, il faut aussi mettre en avant les remarquables performances du casting. Joachin Phoenix crève l’écran. Il porte le film et joue avec justesse ce personnage. Il n’en fait jamais trop et transmet beaucoup d’émotions en peu de mots et gestes. L’acteur nous permet de nous sentir proche de son personnage. Les seconds rôles (qui n’en sont pas vraiment), Amy Adams et Rooney Maara apportent avec intelligence et douceur une force incroyable à ces femmes. Enfin, Scarlett Johanson, l’actrice qu’on ne voit pas une seule fois dans le film mais qui est tellement présente, envahit l’univers de Theodore et le notre par le même biais. A travers sa voix, elle nous transmet dix milles émotions et donne corps à ce personnage qui pourtant n’en possède pas. On se laisse charmer, bercer, toucher par Samantha.

La musique tout en douceur, notamment avec la chanson ‘ The Moon Song’, nous transporte et nous permet de mettre plus en perspective les questions qui nous viennent tout au long du film et longtemps après.On peut aussi saluer le travail musical du groupe Arcade Fire sur ce film.

C’est un long-métrage, pour une seconde fois, que je vous conseille vivement. Vous ne sortirez pas exactement comme vous êtes rentrés (et c’est ça qui est bien), vous serez sans doute bouleversés mais dans le bon sens du terme.

La Pomme

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