THE GRAND BUDAPEST HOTEL

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Je dois vous l’avouer, je suis sûrement la personne la moins objective pour juger un film de Wes Anderson. J’en suis fan, je ne me lasse pas de son univers, à chacun de ces films j’ai l’impression de revenir à la maison, d’être bercé dans une douce nostalgie, comme s’il représentait une partie de ma personnalité.

Comme d’autres réalisateurs (Tarantino, Burton..) son style est inimitable, dès les premières minutes d’un de ces films, vous savez que c’est lui. D’autant plus que Wes Anderson est un réalisateur fidèle qui s’entoure toujours de la même nébuleuse d’acteurs et actrices.

Le cinéaste/scénariste réalise un film tous les ⅔ ans. Vous en connaissez sûrement un ou plusieurs : Rushmore, La famille Tenembaum, La vie Aquatique, Au bord du Darjeeling Limited, Fantastic Mr Fox et son dernier Moonrise Kingdom, présentée à l’ouverture du festival de Cannes.

Aujourd’hui, je veux vous parler de son dernier film, The Grand Budapest Hotel. L’histoire est celle d’un maître d’hôtel Mr Gustave et de son “lobby boy” Zero (groom à tout faire). Le film retrace leurs aventures à l’intérieur de l’hôtel du Grand Budapest mais aussi leur cavale. Ils sont obligés de fuir à cause de la mort d’une vieille femme, le vol d’un tableau rare et le mécontentement d’une famille russe ripoux.

Cette aventure nous est contée par un écrivain qui a eu la chance de rencontrer Zero ses dernières années. On assiste ainsi à un va et vient entre le présent et le passé, un flashback léger qui permet de mettre en relief l’histoire narrée par Zero. Il nous dresse le portrait de cet incroyable homme, Mr Gustave, mais aussi il nous parle de l’amour de sa vie, Agatha.

Plus que l’intrigue du film, ce sont les péripéties et les caractéristiques de chacun des personnages, rencontrés dans cet aventure, qui est la clé du dernier bébé d’Anderson.

Pour la première fois, le réalisateur place son histoire en Europe. Il nous plonge dans un univers magique, enfantin avec des décors à la fois faits de toutes pièces, nous donnant l’impression d’être dans une bande dessinée, mais aussi de vraies lieux qui étonnent par leur esthétique.

Le style d’Anderson nous emmène dans un univers un peu surréaliste dans lequel on se laisse emporter avec délice. On découvre un visuel coloré, grandiloquent et en même temps figé. Chaque plan est un hymne poético-comique. C’est une peinture en plusieurs actes qu’on pourrait prendre plaisir à décortiquer séquence après séquence. La musique d’Alexandre Desplat ; qui avait déjà travaillé sur Moonrise Kingdom ; nous emmène dans un temps lointain et tout en légèreté.

Le charme de ce film tient aussi de son casting. Tout d’abord il faut souligner la justesse du jeune Toni Revolori et de sa partenaire déjà, remarqué dans Lovely Bones et Reviens Moi, Saoirse Ronan. Et bien sur comment ne pas applaudir l’idée grandiose de choisir Ralph Fiennes pour jouer Mr. Gustave (Le Patient Anglais, Bons Baisers de Bruges…). Il excelle dans l’incarnation de cet homme farfelu et doux.

Wes Anderson a l’habitude de travailler avec les mêmes acteurs. Ils viennent jouer avec plaisir, ne serait-ce qu’une scène dans le film, pour le réalisateur. On retrouve donc Bill Murray, Jeff Goldblum, Adam Brody, Owen Wilson,Edward Norton, Tilda Swinton, Jason Schwartzman, Willem Dafoe…

Même si ce film est pour une grande part comique, il est aussi infiniment poétique. Mr Gustave, en priorité, nous récite plusieurs poèmes malgré le désintérêt de son entourage. Le réalisateur ici prend le parti pris de dire des choses dont tout le monde se moque ou juge normal sans pour autant réellement le faire, comme lutter contre les injustices (Mr Gustave défend toujours corps et âme Zero l’immigré face à la police). Comme toujours, il prend son temps pour développer une esthétique bien particulière permettant au spectateur de s’imprégner de l’univers du film.

Anderson et Mr Gustave font appel à une humanité qui n’existent peut-être plus mais auxquels tous deux croient encore. Le monde qu’ils présentent peut sembler dépassé et désuet. L’idée dans ce film n’est pas de mettre la réalité de côté mais plutôt de se donner encore l’occasion de rêver et de s’accrocher encore à certains idéaux.

La Pomme

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