12 years a slave

Critique-12-years-a-slave

Steve McQueen (réalisateur des films : Hunger et Shame) a adapté au cinéma 12 years a slave, l’histoire vraie de Solomon Northup, un afro-américain né libre dans les années 1840.

Lors d’un voyage, Solomon est capturé. On lui vole ses papiers prouvant sa liberté. Il est envoyé en Louisiane et vendu en tant qu’esclave. Il restera 12 ans esclave, battu, torturé, humilié par ses maîtres.

Avant de faire ma critique, j’ai voulu voir ce que d’autres personnes avaient pensé de ce film, j’ai lu plusieurs articles. J’ai trouvé des avis partagés : certains crient au génie , pour d’autres, comme Le Nouvel Obs., l’avis est plus mitigé : « Le spectateur a l’impression d’assister à une leçon d’histoire dispensée avec insistance et sans grande subtilité. Tout parait un peu trop appuyé dans ce récit déjà révoltant, neutralisant ainsi l’émotion et l’effroi suscitées par les sorts de ces pauvres Solomon et Patsey. De ce fait, le message passe mais le film ne touche pas autant qu’il aurait pu le faire. » (reste de cette critique est à lire ICI).

Pour ma part, j’ai aimé le film même si je n’irais pas jusqu’à dire que c’est un grand chef d’oeuvre. Le film a comme mérite d’avoir un casting de qualité. Chiwetel Ejiofor, dans le rôle de Solomon Northup, donne de l’intensité à son personnage, il est très expressif et il arrive à nous faire passer le moindre sentiment, la moindre émotion à travers ses yeux. Il mérite largement l’oscar du meilleur acteur. Michael Fassbender, l’acteur fétiche de Steve McQueen, en propriétaire cruel, Edwin Epps, est purement parfait pour ce rôle. Il nous dégoûte, nous fait peur et en même temps il reste ridicule dans son rôle de propriétaire blanc en prise avec des sentiments divergents et son catholicisme détourné.

Autour d’eux, il y a une multitude de personnages incarnés avec plus ou moins avec justesse. Lupita Nyong’o, une esclave, Patsey, est parfaite dans son rôle, de même pour Paul Dano qui joue un maître bête, alcoolique et maltraitant. Après il y a des acteurs qui m’ont moins fait vibrer comme par exemple Benedict Cumberbatch en propriétaire d’une plantation ou encore Brad Pitt en gentil blanc “sauveur de l’humanité”. Je ne sais pas si c’est leur rôle, qui ne leur rendent pas justice, ou jeu d’acteur, qui est médiocre, mais je trouve leur personnages insipides.

Alors qu’avec Django, Tarantino, traité l’esclavage en faisant un contre pied à la réalité, McQueen traite son film avec un réalisme surprenant. Tout le film semble épuré, il y a peu de textes, la musique passe inaperçue (à part le chant des esclaves et le violon de Solomon). Les scènes sont traitées avec beaucoup de minutie, rien n’est laissé au hasard. On nous montre ici la vérité à l’état brut : les scènes de fouet semblent tellement réelles que l’on détourne le regard.

Mais seulement voilà à vouloir en faire un film plus vrai que nature des fois on se perd. Il y a des scènes qui, je pense, aurait pu être évité ou coupé dans leur longueur. Autant le dire, il y a clairement de scènes qui ne servent à rien et qui n’apporte rien à l’histoire. Le film ne suit que Solomon, ce qui me parait juste quand on adapte une biographie, mais à certains moments on filme une chenille pendant dix minutes ou encore une scène de viol que le personnage principal ne voit pas, qui n’a, donc, pas lieu d’être, on est plus dans la biographie mais dans la supposition.

Je pensais pleurer à chaudes larmes pendant 2h13 mais non. Il n’y a pas de place pour la tristesse. Le réalisateur arrive très bien à ne pas tomber dans le mélodrame.

La question de l’esclavage a déjà été traitée au cinéma avec notamment : Naissance d’une Nation de D.W. Griffith (1915),  Mandingo de Richard Fleisher (1975), Amistad de Steven Spielberg (1997) et plus récemment Django Unchained de Quentin Tarantino. Malgré tout les films qui traitent de l’esclavage restent rare, le sujet est encore trop tabou. De plus, pour citer encore une fois Le Nouvel Observateur, « Sujet noir, cinéaste blanc » (Ciné Télé Obs, n°2567, p.9). C’est souvent par le prisme des blancs que le thème de l’esclavage est traité. Steve McQueen est l’un des seuls réalisateurs noirs à avoir traités ce thème.

Je dirais qu’il faut aller voir le film surtout pour le jeu d’acteur de Chiwetel Ejiofor et de Michael Fassbender et pour aller voir un film qui traite de l’esclavage de façon différente (enfin un film sans chichi qui n’est pas là pour déculpabiliser les américains de leur histoire !).

Seulement accrochez-vous car 2h13 avec très peu de paroles, de musiques et beaucoup de scènes d’une lenteur inouïe, c’est long…

La mangue

Publicités

2 réflexions sur “12 years a slave

  1. Pingback: DALLAS BUYERS CLUB | entarteur de culture

  2. Pingback: AMERICAN BLUFF : retour dans les années 70 | entarteur de culture

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s