Just Kids, restons des enfants de l’impossible

Patti Smith est vraiment une grande dame qui, à première vue, il est vrai, peut paraître illuminée. La première fois que je l’ai vu c’était il y a quelques années seulement à un concert gratuit sur la plage à San Sebastian. Elle chantait, scandait, faisait mention à son mari mort et à Dieu. Ça m’avait plus effrayée qu’autre chose à vrai dire. Moi athée, toute manifestation religieuse me rebute quelque peu, mais ce que j’ai pu découvrir dans le livre dont je vais vous parler, c’est qu’il est plus question de spiritualité qu’un dogme partial.

Just Kids (publié en 2010) est un bout de la vie de Patti Smith, ces débuts d’artiste, poète, chanteuse rock n’roll mais c’est avant tout le récit de sa vie avec Robert Mapplethorpe, leur amour, leur amitié, leur trajectoire d’artiste commune. C’est l’histoire d’une époque et d’une jeunesse.

On s’amuse à suivre cette jeune fille qui a rencontré tout le long de sa carrière et dès ses débuts des mythes de la musique, du théâtre, de la poésie… tels Jimmy Hendrix ou Allen Ginsberg. Mais c’est aussi  le portrait d’une femme sensible aux destinées de ceux qui l’entourent et qui sait le retranscrire à travers des mots qu’elle couche sur le papier et qu’elle a mis par la suite en musique.

Robert Mapplethorpe est un artiste méconnu, dessinateur, plasticien puis essentiellement photographe qui questionnait le genre, sa sexualité et toute une catégorie de personnes qui cherchaient à bouleverser les codes féminin/masculin…

Au début la lecture est un peu difficile. On ne rentre pas tout de suite dans son histoire, mais plus on avance dans le récit, plus on s’attache à son parcours. En suivant son éclosion artistique et sa prise de conscience sur le monde, on se questionne à notre tour sur nos choix et le monde dans lequel on vit.

J’ai trouvé son ouvrage très inspirant. Il nous permet de croire en nos rêves et nous donne envie d’être plus bohémien, éloigné du confort qui nous enferme aujourd’hui dans une réalité sclérosée. Elle ne cache pas les affres de la drogue, du sida, des difficultés financières mais elle ne verse pas dans la noirceur, elle brandit réellement une lumière qui la guide et qui lui fait accepter avec quiétude la mort de son étoile, Robert.

C’est aussi une histoire d’amour, pas très orthodoxe, deux individus d’abord couple fusionnel puis lié par une amitié très forte. D’inséparables, ils se sont mués en complices lointains.

 

La Pomme

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s