The Psychopath Test : Et vous, êtes vous un psychopathe?

The Psychopath Test : a journey through the madness industry

Jon Ronson est un écrivain gallois, journaliste reconnu  pour sa plume et ses articles dans le  journal The Guardian. Quand on lit sa fiche Wikipedia il est écrit (page anglaise) : «  non fiction author », ce qui pourrait vouloir dire qu’il s’appuie sur ses propres expériences et que ses livres sont plus des enquêtes liées à des recherches et à son métier de journaliste. En 1994, il sort son premier livre Clubbed Class. Son troisième livre le fait connaître à un plus large public, dont moi : The men who stare at goats (Les Chèvres du Pentagone). En effet le succès du livre a mené à son adaptation au cinéma avec au casting notamment George Clooney et Ewan Mc Gregor.

Mais aujourd’hui ce n’est pas de ce livre dont je veux parler mais de celui publié en 2011 : The Psychopath Test : a journey through the madness industry (pas encore traduit en français)

Me baladant dans une librairie, j’ai eu envie de prendre un livre léger pour mon voyage en train. La couverture m’a attiré l’œil ainsi que les commentaires au dos acclamant le ton et l’écriture de Jon Ronson.

Le tout début m’a un peu fait peur, un peu trop sérieux, et à vrai dire «  journalistique » pour moi. Au départ il explique que lui, le narrateur (ou Jon Ronson ? un peu perdu sur ce point-là) avait été engagé par des scientifiques pour résoudre un mystère qui les obsédaient tous. Plusieurs membres de la société scientifique avaient reçu un livre bien mystérieux mais dont ils ignoraient l’origine. Le journaliste se devait donc de trouver qui en était l’expéditeur. Il avait accepté cette affaire car il pensait en profiter pour étudier d’autres questions qui l’obsédaient notamment son anxiété, savoir si tout était normal. En se lançant dans cette investigation, il finit par se plonger dans une enquête à travers le monde sur la question de la santé mentale et notamment de la psychopathie. En effet, en rencontrant de nombreux experts, psychologues, psychopathes, il découvre petit à petit les aspects, les critères qui déterminent qui est ou n’est pas un psychopathe, notamment avec la check list du psychopathe du docteur Hare. Cette liste permet d’établir, à travers différents symptômes et réponses, si la personne est un psychopathe ou non. De même, il rencontre des spécialistes qui ont fait de nombreuses expériences avec des psychopathes, pour les étudier, pour les soigner, certaines totalement farfelues pour essayer de les guérir à coup de LSD. Dans son cheminement, il est confronté à des membres de la scientologie qui luttent contre cette vision de la psychopathie et qui essaient notamment de faire sortir dans une sorte d’hôpital asile un homme injustement enfermé selon leurs dires. Le journaliste, petit à petit, entre dans le jeu et essaie de déterminer avec les données qu’il a récolté, et notamment la liste, qui dans les hommes de pouvoir (gouvernement, industries) seraient atteints de psychopathie. Selon lui, cela cela expliquerait leur comportement face au genre humain. C’est une plongée dans l’industrie de la santé mentale : les cachets donnés pour les enfants dit hyperactifs ou carrément psychopathes: “est-ce un bon diagnostic, est-ce que ces cachets sont vraiment efficaces ou juste utilisé pour enrichir l’industrie pharmaceutique ?”

Le narrateur (et le lecteur) se pose de plus en plus de questions sur le concept de santé mentale, de démence, d’excentricité. “Qu’est-ce qui détermine la normalité ? Ne sommes-nous pas tous un peu fou et même psychopathe si on suit la liste du docteur Hare. » C’est un peu comme quand on lit une liste de symptômes pour une maladie et qu’on pense être atteint de cette maladie. C’est encore plus vrai pour une maladie mentale. On est tous à la fois effrayé et persuadé de n’être pas totalement sain mentalement et ça nous rassure toujours de voir des gens plus dérangés.

Pour ce livre, son style d’écriture a été encore acclamé mais il a reçu certaines critiques sur le fond. On lui a reproché de manquer de profondeur dans ces recherches et de traiter le monde de la santé mentale de façon trop simpliste ou trop exagéré ou même fictionnalisé.

La société d’étude scientifique sur la psychopathie critique cet ouvrage notamment le docteur Hare trouvant son récit irréaliste et trivial.

Pour tout vous dire, plus j’avançais dans le livre, plus je me suis posée la question de la véracité du récit. Je ne connaissais pas trop le travail de Ronson donc au départ je pensais à une fiction. Après je me suis demandée si ce dont il parlait été lié à des faits réels.

Mais au-delà de cette question, je trouve qu’il marque un point en abordant la question de la santé mentale et de la normalité dans un sens plus large. C’est une investigation à la fois dans le monde dans lequel on vit, fait de doute et de manipulation entre chaque personne. “Doit-on toujours croire celui qui nous soigne car il a un diplôme ? L’erreur est humaine, un docteur peut donc lui aussi se tromper ? jusqu’où peut- on aller dans l’expérimentation quand il s’agit d’humains ? Jusqu’où peut- on guérir quelqu’un ? Y a-t-il des maladies mentales incurables et sont- elles dangereuses ? Qui croire ? » Ce livre est avant tout, je crois, aussi la possibilité de faire une introspection sur soi-même, sur nos sensations, nos perceptions, nos croyances. Quelle confiance avons-nous envers notre esprit, notre mental, jusqu’où nous appartient-il ?

La Pomme

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